RÉCEPTIONNISTE (H/F)

Boulogne-Billancourt (92100), Hauts-de-Seine 2 135 €/mois Temps-plein Mise à jour le 13 juillet 2024

Entreprise: CNRS

La période récente a vu un affaiblissement de la stabilité de la halocline dans l'est du bassin eurasien de l'Arctique, attribuée à une « Atlantification » progressant depuis les régions périphériques de l'Arctique (mer de Barents, Nord Svalbard) vers le bassin eurasien corrélative à une diminution du couvert de glace hivernal (Polyakov et al., 2017, 2020 ; Arthun et al., 2012). Plus généralement, les observations suggèrent une grande variabilité dans la stratification des couches supérieures de l'Arctique eurasien. Les hypothèses avancées varient en fonction de la région considérée, notamment en raison de la couverture parcellaire des observations et d'une compréhension incomplète des mécanismes et de leurs causes : advection d'anomalies de salinité depuis les régions atlantiques voisines (mer de Barents), anomalies de température de l'inflow d'eau atlantique (détroit de Fram), intensification du forçage mécanique de l'atmosphère sur l'océan au travers d'une glace plus dispersée induisant plus de turbulence et de mélange, intensification de la convection thermohaline hivernale liée en partie à la formation de glace.

L'objectif de la thèse sera de revisiter les scenarios existants afin de proposer une vision cohérente et de la variabilité spatio-temporelle récente et des tendances observées dans les couches supérieures de l'ensemble du bassin eurasien de l'Arctique.

Méthodologie :

On s'appuiera sur des observations hydrologiques et courantométriques récemment recueillies dans l'ouest du bassin eurasien, complété par les observations existantes (mouillages sur la marge eurasienne, campagnes hydrologiques, bouées dérivantes, …), des résultats de simulations numériques à haute résolution (réanalyses Mercator, modèle zoomé ARCNA24), ainsi que des produits de télédétection pour l'analyse du couvert de glace. Les simulations permettront de replacer les observations dans un contexte spatio-temporel cohérent et de fournir des champs inaccessibles à l'observation qui aideront à mieux documenter les processus en jeu.

On essaiera de définir des régimes de stratification en fonction des régions et on étudiera les mécanismes de variabilité saisonnière et interannuelle de la halocline et les tendances à plus long terme, notamment :

le rôle des anomalies de température et de salinité de l'eau Atlantique, leurs causes et leur lien avec l'amont (détroit de Fram, mer de Barents, gyre subpolaire Atlantique Nord) et leur zone d'influence sur la banquise Arctiquele rôle des échanges latéraux avec le plateau continental et avec le large, y compris la contribution des tourbillons à ces échanges.La variabilité du forçage atmosphérique et son impact sur les processus advectifs, le couvert de glace, les interactions océan-glace, et le cisaillement et la structure des courants.

le rôle des anomalies de température et de salinité de l'eau Atlantique, leurs causes et leur lien avec l'amont (détroit de Fram, mer de Barents, gyre subpolaire Atlantique Nord) et leur zone d'influence sur la banquise Arctique

le rôle des échanges latéraux avec le plateau continental et avec le large, y compris la contribution des tourbillons à ces échanges.

La variabilité du forçage atmosphérique et son impact sur les processus advectifs, le couvert de glace, les interactions océan-glace, et le cisaillement et la structure des courants.

*Les mécanismes qui sous-tendent la distribution de l'eau Atlantique en Arctique, y compris la profondeur de cette couche et sa diminution récente dans certaines régions.

Contexte de travail

La thèse de déroulera dans l'équipe VOG (Variabilité Océan-Glace), équipe spécialisée dans l'étude des océans polaires, et qui a développé des compétences dans le domaine de l'observation à la mer (coordination de campagnes mouillages et gliders), de la modélisation océanique (développement d'une configuration régionale pan-arctique ARCNA24 basée sur le code NEMO) et de l'analyse de données satellitaires. Des collaborations sont prévues avec Mercator Océan pour la partie réanalyses océaniques et avec l'équipe NEMO pour l'évaluation des simulations.

Le travail bénéficiera des collaborations européennes que l'équipe entretient dans le cadre de ses projets d'observation à la mer, notamment l'Institute of Oceanology de Sopot (Pologne) et le Norsk Polar Institut (Norvège) avec lesquels l'équipe partage un réseau de mouillages au nord du Svalbard et construit un partenariat d'échange dont l'étudiant pourra bénéficier.